
Les diamants incolores nous fascinent depuis des millénaires, mais les diamants aux couleurs de l’arc-en-ciel ou « fancy diamonds », d’une rareté incroyable, sont devenus depuis les années 1990, plus qu’un objet de curiosité de collectionneurs.
Depuis l’Antiquité, le diamant de couleur a surtout été l’apanage des grands de ce monde. Au XVe siècle, Agnès Sorel arborait déjà un diamant rose taillé. Au XVIIe siècle. Du XVIIe au XXe siècle, les diamants de couleur les plus prisés furent le Dresden (vert), le Wittelsbach (bleu) ou encore le fameux Hope (bleu foncé), que Jean-Baptiste Tavernier rapporta à Louis XIV en 1668 des mines de Golconde en Inde. Les légendes autour du Hope ne manquent pas et peu de pierres ont autant fait parler d’elles. Le Hope porte malheur à son propriétaire ! Il est vrai qu’il y a eu beaucoup de tragédies autour de ce magnifique diamant bleu. Entre 1830, date à laquelle la pierre réapparait à la suite du vol des joyaux de la couronne, et son dernier possesseur Harry Winston qui l’a offert à la Smithsonian Institution à Washington, certains de ceux qui l’ont eu en leur possession ont subi ruines, et morts tragiques…
Mais peut-on pour autant dire que le Hope est le responsable ? Pour la petite histoire, Harry Winston racontait que quand il voyageait avec son épouse, il avait l’habitude de prendre deux avions différents. Lors d’un voyage entre Paris et New York, sa femme partit la première. À l’escale des Açores, un homme apprit qu’il était dans le même avion que la femme du propriétaire du Hope, et décida de ne pas continuer le vol (trop dangereux à son goût) et qu’il prendrait le vol suivant. Il se retrouva donc dans l’avion d’Harry Winston, placé assez près de lui pour l’entendre raconter à son voisin qu’il avait eu la chance de changer d’avion car dans le sien, voyageait l’épouse du propriétaire du Hope. Harry Winston se fit une joie de lui décliner son identité … Au début du XXe siècle, les diamants de couleur sont oubliés au profit des diamants blancs pour raisons commerciales. Ils referont surface avec éclat en 1987, lors de la vente fabuleuse chez Christie’s d’un diamant rouge de 0.95 carats adjugé à près de un million de dollars. Depuis, les prix des diamants de couleur se sont constamment maintenus avec des augmentations régulières.
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